Le rapport de référence 2026 de Safecall sur la dénonciation est désormais disponible. Il offre l’aperçu le plus clair à ce jour de la manière dont les salariés utilisent les canaux de signalement indépendants et externes pour faire part de leurs préoccupations. Les résultats montrent que le système continue de mûrir, tant en termes d’ampleur que de sophistication : les salariés s’expriment plus souvent, leurs choix quant à la divulgation de leur identité restent prudents mais réfléchis, et les comportements vis-à-vis des canaux de signalement se précisent de plus en plus.
Voici ce que révèlent les données – et ce que les dirigeants doivent en retenir.
La hausse de l'engagement et ce qu'elle révèle sur la confiance
L'engagement externe a atteint un nouveau record, avec en moyenne un rapport externe pour 365 salariés. Cette hausse continue témoigne d'une confiance croissante dans les voies indépendantes et d'une meilleure compréhension de la manière de les utiliser.

Il est essentiel de noter qu’un nombre élevé de signalements externes ne signifie pas nécessairement une augmentation des cas de manquement. Cela indique le plus souvent que les voies de signalement sont claires et inspirent confiance, que les employés sont convaincus que les canaux indépendants traiteront leurs préoccupations de manière équitable, et que les personnes se sentent plus à l’aise pour s’exprimer en dehors des hiérarchies locales.
Natasha Williamson, responsable des ressources humaines chez Poundland, constate clairement cette tendance :
« Environ 20 % de nos signalements proviennent de Safecall, les autres étant formulés en interne. Cette répartition nous indique que nos collaborateurs savent globalement comment utiliser nos canaux internes, mais elle montre également que la confiance n’est pas aussi forte que nous le souhaiterions dans certains domaines. Ces données nous aident à identifier précisément où la communication peut présenter des défaillances au niveau des magasins, et dès que nous en avons une vision claire, nous sommes en mesure d’intervenir et d’y remédier. »
Debbie King, responsable du dispositif d'alerte professionnelle chez Royal Mail, considère que le recours important à ce dispositif par des personnes externes est un indicateur culturel positif :
« Nos volumes sont bien supérieurs à la référence, mais cela s’explique par le fait que nos collaborateurs utilisent notre plateforme Speak Up, fournie par Safecall, pour signaler toutes sortes de préoccupations, dont beaucoup ne relèvent pas de la définition de la dénonciation. Cela me montre également que nos collaborateurs se sentent en confiance pour s’exprimer et dénoncer les irrégularités. La possibilité de signaler des faits de manière anonyme joue un rôle important, car tout le monde ne se sent pas à l’aise pour soulever des problèmes en interne, en particulier au sein d’un effectif important et dispersé. »
Dans toutes les organisations, les canaux indépendants sont de plus en plus souvent considérés comme les espaces où les collaborateurs se sentent le plus en confiance pour s'exprimer librement.
Internet domine, mais le téléphone reste indispensable pour les sujets sensibles

Le reporting numérique continue de connaître une forte croissance, 71 % des rapports externes étant désormais transmis via Internet. Les canaux en ligne offrent commodité et accessibilité, en particulier pour les collaborateurs à l'aise avec le numérique.
Natalie Jacques, responsable des risques et de l'assurance chez S Three, constate un fossé générationnel évident :
« Notre équipe commerciale est très jeune et nos études montrent qu’environ 95 % de ses membres préfèrent les rapports en ligne. Les collègues plus expérimentés continuent quant à eux de privilégier le téléphone. Il s’agit là d’un fossé générationnel évident que nous ne pouvons ignorer. »
Pourtant, malgré la prédominance des signalements numériques, la ligne téléphonique reste essentielle. Les sujets sensibles, personnels ou complexes nécessitent encore largement une interaction humaine. Les signalements par téléphone sont généralement plus détaillés, plus clairs et plus complets – et ont beaucoup plus de chances d’être cités. De nombreux appelants commencent par rester anonymes, mais choisissent de s’identifier une fois qu’ils se sentent rassurés par un opérateur qualifié.
Comme l'a dit un dirigeant du secteur de la distribution :
« Ce serait formidable de voir davantage de signalements nominatifs, mais si une personne se sent à l’aise à l’idée d’être identifiée, je préférerais toujours que cette conversation ait lieu en interne. Le choix revêt une importance capitale – le choix du canal, mais aussi celui d’être identifié ou non – et c’est pourquoi les dispositifs indépendants comme Safecall restent si précieux. Ce que nous constatons, c’est que les personnes commencent souvent par rester anonymes, mais s’ouvrent davantage une fois qu’elles s’adressent à un opérateur. Établir ce lien de confiance contribue à réduire la peur et montre tout le pouvoir de l’interaction humaine dans ce processus. »
Les meilleurs programmes d'encouragement à la prise de parole accordent la même importance à ces deux canaux, car chacun répond à des besoins très différents.
Les formes d'anonymat : intentionnelles et essentielles
Le signalement anonyme reste le mode de signalement le plus courant à l'extérieur. Loin d'être un signe de méfiance, l'anonymat constitue souvent une garantie pratique qui permet de signaler un problème à un stade précoce sans craindre de conséquences.

Dans l’ensemble des organisations, plusieurs tendances se dégagent : les signalements anonymes continuent de représenter la majorité des signalements ; les options semi-anonymes sont très appréciées car elles permettent d’assurer un suivi ; les signalements par téléphone sont nettement plus susceptibles d’être nominatifs ; et la confiance s’installe progressivement au cours des conversations en temps réel avec des interlocuteurs formés.
Royal Mail constate régulièrement ce phénomène :
« Nous constatons souvent que les personnes qui appellent souhaitent rester anonymes au début, mais qu’une fois qu’elles ont parlé à un conseiller de Safecall, elles se sentent suffisamment en confiance pour donner leur nom. Cette interaction humaine, combinée à l’expérience des conseillers dans ce domaine, renforce la confiance et nous aide à assurer un suivi adéquat. »
Le point S 3 souligne l’importance de la voie semi-anonyme :
« Dès lors qu’une personne opte pour la voie du semi-anonymat, la qualité de l’enquête s’en trouve complètement transformée. Nous pouvons poser des questions, combler les lacunes et fournir des informations pertinentes. C’est extrêmement utile, et nous aimerions vraiment que davantage de personnes y aient recours. »
Le principe est clair : le choix de l'identité doit rester souple, et les employés ne doivent jamais se sentir contraints de révéler plus d'informations qu'ils ne souhaitent en partager.
Évolution des tendances en matière de fautes professionnelles – où se concentre le risque

Si la répartition globale des problèmes reste globalement stable, plusieurs évolutions notables se dégagent. La fraude, qui relève de la catégorie des comportements malhonnêtes, a considérablement augmenté d’une année sur l’autre. Les cas d’intimidation et de harcèlement continuent de se multiplier. L’abus de substances reste une préoccupation majeure dans les environnements opérationnels, notamment au sein des services d’urgence, des aéroports, des services publics et du monde du sport.
Poundland met en évidence l'impact culturel de la fraude :
« Le nombre de signalements de fraudes est resté relativement stable chez nous. Nos collègues n’hésitent généralement pas à signaler les problèmes dans ce domaine, ce qui, je pense, correspond tout à fait à notre valeur organisationnelle consistant à « protéger la livre ». C’est un problème que tout le monde identifie rapidement et dont chacun comprend l’importance de s’occuper. »
Dans la plupart des secteurs d’activité, les préoccupations liées aux ressources humaines continuent de dominer les signalements externes. Ces situations comportent souvent des risques sur le plan des relations interpersonnelles, et les salariés préfèrent fréquemment la neutralité et la discrétion d’une personne indépendante à qui se confier.
Les enseignements que les dirigeants devraient tirer des tendances pour 2026
Le rapport de référence 2026 sur le lancement d'alerte tire plusieurs enseignements clairs pour les organisations :
- Le reporting externe est un indicateur de confiance : un taux d'utilisation élevé montre que les employés estiment que le système fonctionne.
- Il faut promouvoir le site web et le service téléphonique de manière équilibrée : le site web permet d'atteindre un large public ; le service téléphonique apporte rassurance, clarté et informations plus détaillées.
- Le choix de l'identité doit rester souple : les options d'anonymat et de semi-anonymat sont essentielles pour permettre une divulgation précoce.
- Les tendances mettent en évidence les domaines où des compétences sont nécessaires : la multiplication des cas liés aux ressources humaines, à la fraude et à la toxicomanie exige des enquêteurs qu’ils possèdent de solides compétences et que les procédures d’escalade soient clairement définies.
- La communication interne et le leadership au niveau de la base sont essentiels : les données externes mettent souvent en évidence les domaines dans lesquels les circuits de communication internes ou les compétences des responsables doivent être renforcés.
- La transparence renforce la confiance : les organisations qui partagent des exemples anonymisés illustrant la manière dont les signalements sont traités constatent généralement une augmentation de l'engagement.
Une vision d'ensemble : la liberté d'expression est désormais un baromètre culturel
Le rapport de référence sur la dénonciation de cette année met clairement en évidence une chose : le signalement externe n’est plus une option marginale ; il est désormais au cœur de la manière dont les salariés choisissent de s’exprimer.
Il permet de mettre en lumière les préoccupations que les collaborateurs n'osent pas exprimer en interne, de repérer les risques émergents avant qu'ils ne s'aggravent et d'offrir aux dirigeants un aperçu direct et sans filtre de la santé de leur culture d'entreprise.
Les salariés choisissent les canaux auxquels ils font confiance. Ils s'expriment plus tôt. Et ils attendent des organisations non seulement qu'elles mettent en place un dispositif, mais aussi qu'elles fassent preuve de crédibilité, d'indépendance et de suivi à chaque fois qu'un signalement est effectué.
Pour les dirigeants, le défi à relever est simple mais stratégique : rendre les canaux de signalement visibles ; investir à la fois dans les canaux numériques et humains ; renforcer les capacités d’enquête ; instaurer la confiance grâce à la transparence ; et considérer les données issues des signalements comme l’un des indicateurs culturels les plus précieux dont vous disposez.
Une culture d’expression ouverte ne se met pas en place par hasard. Elle se construit délibérément, grâce à une approche réfléchie, à la visibilité, à la confiance et à l’action. Et en 2026, les organisations qui y parviendront seront celles dont les collaborateurs se sentiront véritablement en sécurité pour s’exprimer, et dont les dirigeants prendront conscience de la réalité plus rapidement.