L'Australie adopte de nouvelles lois sur la dénonciation

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Chez Safecall, nous constatons déjà que certaines organisations australiennes se préparent à l'entrée en vigueur, plus tard cette année, des nouvelles lois sur la dénonciation. Pinsent Masons, un cabinet d'avocats avec lequel Safecall travaille régulièrement, résume clairement les mesures que les organisations doivent prendre pour se conformer à ces lois.

Katie Williamset Patrick Williams sont experts en droit du travail chez Pinsent Masons, le cabinet d'avocats à l'origine du site Out-Law.com. Article initialement publiéici.

ANALYSE : Une nouvelle législation australienne renforçant la protection des lanceurs d'alerte entrera en vigueur dans le courant de l'année. Les exigences sont nombreuses et les conséquences en cas de non-respect peuvent être graves. Les organisations devront se préparer à l'application de ces nouvelles lois.

Le projet de loi portant modification des lois fiscales (renforcement de la protection des lanceurs d'alerte)a désormais été adopté par le Parlement.

Les nouvelles lois élargissent considérablement le type de personnes pouvant être considérées comme des lanceurs d'alerte, celles pouvant recevoir des divulgations d'alerte et les sujets pouvant faire l'objet d'une divulgation.

Changements clés

Les nouvelles lois couvrent les « divulgations admissibles ». Ce terme est défini de manière large et comprend la divulgation d'informations que le divulgateur a des motifs raisonnables de soupçonner comme étant liées à une faute professionnelle ou à une situation irrégulière au sein d'une entreprise. Il comprend également les comportements qui pourraient être contraires à l'éthique, mais pas nécessairement illégaux.

Une divulgation admissible peut être faite par tous les employés actuels et anciens, les titulaires de fonctions officielles, les fournisseurs de biens et de services et leurs employés, ainsi que les personnes associées à l'entreprise. Les proches de ces personnes sont également concernés.

Une divulgation admissible peut être reçue par des dirigeants, des cadres supérieurs, des auditeurs, des actuaires ou d'autres personnes autorisées à recevoir des divulgations, soit au sein de leur organisation, soit au sein de sociétés associées.

En outre, l'ASIC, l'APRA et d'autres autorités désignées peuvent recevoir des divulgations, et les lois autorisent également les divulgations d'urgence aux membres du Parlement et aux journalistes, sous réserve que certaines conditions préalables soient remplies.

Que doivent faire les organisations et quand doivent-elles le faire ?

Les nouvelles lois entreront en vigueur le 1er juillet 2019. Toutefois, les dispositions relatives à la victimisation s'appliquent également à tout comportement préjudiciable survenant après le 1er juillet 2019 en rapport avec une divulgation effectuée avant le 1er juillet 2019 qui aurait été une divulgation admissible si les nouvelles lois avaient été en vigueur au moment où elle a été effectuée.

Il est évident que les cadres supérieurs et les dirigeants devront suivre une formation afin de comprendre ce qui constitue une divulgation d'informations, qui peut en faire une, ce qu'il faut faire et ne pas faire lorsqu'ils reçoivent une divulgation protégée.  

Compte tenu de la nature très large de ce que peut être une « divulgation admissible », il sera essentiel de veiller à ce que les personnes soient correctement formées pour reconnaître les divulgations protégées lorsqu'elles les reçoivent.

Les nouvelles lois exigent également que les sociétés cotées en bourse et les grandes sociétés privées mettent en place une politique de dénonciation d'ici le 1er janvier 2020 et qu'elles la communiquent à leurs dirigeants et employés.

La définition d'une grande société privée changera à compter du 1er juillet 2019, doublant ainsi les seuils d'éligibilité précédents. À partir de cette date, une société privée sera considérée comme une « grande société privée » si elle remplit au moins deux des trois conditions suivantes :

  • le chiffre d'affaires brut consolidé pour l'exercice financier de la société et des entités qu'elle contrôle est égal ou supérieur à 50 millions de dollars ;
  • la valeur des actifs bruts consolidés à la fin de l'exercice financier de la société et des entités qu'elle contrôle est égale ou supérieure à 25 millions de dollars ;
  • la société et les entités qu'elle contrôle comptent 100 employés ou plus à la fin de l'exercice financier.

Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?

Des sanctions plus sévères ont récemment été introduites dans le cadre de la loi sur les sociétés (Corporations Act) et s'appliqueront au régime de dénonciation.

Une organisation qui révèle l'identité d'un lanceur d'alerte sans son consentement, ou qui persécute ou menace de persécuter un lanceur d'alerte, peut être passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 10,5 millions de dollars, soit trois fois le bénéfice obtenu ou le préjudice évité, ce qui en fait des dispositions anti-évasion efficaces, ou 10 % du chiffre d'affaires annuel de la personne morale, jusqu'à 525 millions de dollars. Il s'agit également d'infractions pénales, passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement.

Les lanceurs d'alerte victimes de comportements préjudiciables auront le droit de demander une indemnisation pour toute perte, tout dommage ou toute blessure subis à la suite de ces comportements.

Les entreprises publiques ou les grandes sociétés privées qui ne mettent pas en place une politique de dénonciation dans les délais impartis seront également passibles d'une amende de 126 000 dollars.

Développements futurs

Les nouvelles lois sur la dénonciation prévoient une obligation de révision cinq ans après l'entrée en vigueur des modifications afin d'examiner l'efficacité du nouveau régime et d'étudier la nécessité d'apporter d'autres changements.


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